Le Rhône et la Saône ont joué un rôle capital dans l’évolution et le développement de la ville de Lyon.
Routes commerciales, remparts naturels contre l’assaillant, eau potable, produits de la pêche, utilisation de la force motrice hydraulique au service des moulins et plus récemment des centrales électriques…
La physionomie actuelle de Lyon est d’ailleurs directement lié aux deux fleuves. La rive gauche du Rhône, notamment, sujette aux caprices du fleuve, ne fut domptée et urbanisée qu’assez récemment dans l’histoire lyonnaise. Puis comme ses sœurs de la Saône et du Rhône rive droite, des ports y ont pris place. Ports marchands, vivants, très fréquentés, ils furent pourtant délaissés au moment ou le rail puis la route prirent leur essor. Les bateliers devinrent rares, puis disparurent complètement. Les berges, dont les infrastructures portuaires devinrent alors inutilisées, connurent un sort peu glorieux. Des routes rapides furent construites en haut de digues ceinturant les lits du fleuve. En contrebas, les surfaces servirent le long du Rhône à ériger de bien tristes parkings pour voitures, du nord au sud de l’agglomération.
La configuration des berges était telle que les lyonnais finirent par perdre le contact pourtant historiquement si intime avec le Rhône. Les berges étaient devenues une grande zone de stockage gratuit pour véhicules particuliers. Les lyonnais avaient tourné le dos à leurs berges, devenues alors sans âmes.
Et puis, la politique du tout-voiture s’essouffla. Des nouveaux termes, comme « écologie », « développement durable », « déplacements doux » ont commencé à devenir en vogue dans le vocabulaire des citoyens, et par extension dans celui des décideurs. L’éléction d’un nouveau maire et d’une nouvelle équipe municipale de Lyon fut le brin d’herbe de plus qui allait sonner le glas de la rive gauche du Rhône sous sa forme bitumée : fini les parkings, cette bande de terre deviendrait désormais un lieu de rencontre, de promenade, où les déplacements en mode doux deviendraient aisés et agréables, un lieu où les lyonnais pourraient se réapproprier leur fleuve.
5 ans après les premières concertations, 18 mois après les premiers travaux, quelques mois après l’inauguration officielle et l’ouverture au public de l’ensemble des nouvelles berges du Rhône (5Km de long, reliant le parc de Gerland au sud au Parc de la Tête d’Or au nord), il était désormais l’heure pour Le Blog Scénographique de Lyon de repérer les nouveaux lieux de plaisance des lyonnais, en mettant en ligne un reportage photo, et ainsi de recenser les installations désormais terminées et adoptées par les lyonnais, petits et grands.
Ce reportage photo n’a pas plus ni moins d’ambition que le site qui accueille cet article. Il ne s’agit pas ici d’essayer de copier/coller maladroitement quelques informations glanées ici et là sur le net pour donner un air faussement érudit à son contenu et à son auteur, mais bien de faire partager ma vision des berges et d’essayer de donner envies aux touristes de passage comme aux lyonnais ne s’y étant jamais encore déplacé de se rendre sur ces berges pour une visite de Lyon… au fil de l’eau.
Bien sûr, certains lecteurs, toujours avides de chiffres et désireux d’en savoir plus sur les travaux et le projet dans sa globalité pourront trouver des informations pointues sur le net. Les liens pointant vers des documents externes et sites Internet associés seront recensés dans la deuxième partie de ce reportage sur les berges (date de mise en ligne inconnue).
Nous commençons la visite en démarrant du pont Pasteur et en se dirigeant vers le nord. Le sud du pont pasteur avait été précédemment aménagé lors de la construction du parc de Gerland.

C’est à ce endroit que débutent les nouvelles berges du Rhône.
Le mobilier urbain est réduit à son strict minimum. L’argument avancer pour justifier l’absence quasi-totale de bancs vient du fait que les berges se trouvant en zone innondable, tout les mobiliers urbains pouvant contribuer au mauvais écoulement des eaux en cas de crû devait être évité.

Nous voyons ici un « local poubelle », utilisé pour les habitants et entreprises commerciales des péniches amarrées aux quais. Le design est simple, sobre, et se donc bien dans son environnement.

On continue et on profite des amènagements… :




Quelques belvédères jalonnent les berges. On peut s’y asseoir et profiter d’une vue bien agréable sur le Rhône…



…Et malheureusement le promeneur aura également vu sur l’autoroute A7, implantée sur la rive droite du Rhône.
Un bruit continu de circulation vient réellement troubler l’esprit de paix et de détente que les nouvelles berges étaient censées nous procurer. Heureusement, cette autoroute quitte les berges du Rhône assez vite, à hauteur du centre d’échange de Perrache (pont Gallieni).

La configuration à cet endroit des berges n’invite de toute façon qu’assez peu au stationnement des piétons. Peu de bancs, des berges dans une configuration simple : voie piétonne d’un côté, bande cyclable-rollerable-trotinnable de l’autre.
Vivement le déclassement ou le recouvrement de cette autoroute qui n’en fini décidemment pas d’ennuyer les lyonnais !
Mais nous n’allons certainement pas nous laisser abattre par cette aberration urbanistique, fruit d’une politique de la ville des années d’après guerre désuète et irréfléchie. Et rêvons d’un projet de nouvelles berges du Rhône… rive droite !
On continue.


On continue de « monter » vers le nord. On rencontre le viaduc du Rhône, dédié au chemin de fer. La gare de Lyon Perrache se trouve en face.




Des jeux pour enfants, jouant le rôle de parcs de proximité plutôt dédiés aux habitants du quartier, jalonnent les berges. Très sympa.
Un terrain de Volley… Les filets sont encore en bon état, peu de dégradations sont visibles, cela fait plaisir à voir. On peut voir que les installations sont bien utilisées par les lyonnais ; cette photo prouve que même en semaine les berges sont utilisées par les lyonnais.




Les berges ont été rebaptisées du nom de femmes ayant marqué l’histoire. Une biographie de chacune d’entre elles est visible le long de la promenade.

Le pont de l’université, avec le blason de Lyon :

Arrivé à la hauteur de la piscine du municipale du Rhône, bâtiment assez majestueux et dans un état peu reluisant (des aménagements lourds sont prévus sur cette infrastructure dans l’année), les berges se resserrent légèrement. De jolis jeux de projecteurs illuminent majestueusement les quais et le Rhône la nuit. Une promenade en bois agréable longe la piscine.

Sur la rambarde, des centaines de plaques métalliques gravées reprennent autant de noms, communs ou propres. Je n’ai pas réussi à établir de réelle relation entre les mots, sans doute n’y en a t il pas et sont sortis de l’imaginaire d’un des artistes ayant participé à l’élaboration de ces berges ?

Et nous arrivons au point central des berges, au niveau du pont de la Guillotière. Bowl (pour les vélos, skates…) , terrain de foot, bancs, fontaine… On y vient faire du sport, lire, écouter de la musique…
La perspective sur la rive droite est ici magnifique.





La suite et la fin du reportag ici : Berges du Rhône en photos, deuxième partie.
À bientôt !

Le 07/09/08
Il y a 1 commentaire à propos de l'article : "Les nouvelles berges du Rhône à Lyon en photos (première partie)"
[...] la première partie, nous avons visité les berges du Rhône du sud au nord, en partant du début sud des nouvelles [...]
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